mardi 18 mars 2014

S'exprimer librement sur les médias sociaux : est-ce contre-productif ?

Sur Facebook, une internaute qui s’est prononcée contre les femmes à barbe subissait la réprimande de la communauté virtuelle. La femme en question, qui avait commenté un article relatant l’histoire d’une fille qui a décidé de s’accepter malgré son hirsutisme, avait du encaisser les réprimandes des internautes.

Cette histoire de femme à barbe illustre une problématique présente sur les médias sociaux : autant il est facile d’y affirmer ses points de vue, autant il est aisé de déraper en exposant ses convictions. Il suffit d’ouvrir son Facebook pour tomber sur des statuts qui reflètent l’opinion tranchée de leurs auteurs. Pour ma part, si je me fiais à mes instincts primaires, je répliquerais sans hésiter. Mais compte tenu de l’obscurité du concept de vie privée sur le web, ça serait maladroit, donc pour ce qui est des grands enjeux (telle la politique), je crois que souvent le mieux est de s’abstenir.

Sur son blogue, Stéphane Guérin affirme qu’il ne se retient pas pour donner son opinion politique via son identité 2.0. Pour lui, ça fait avancer le débat, surtout en période d’élection. Mais comme il le relate si bien en citant Homer Simpson, les gens trouvent cela boooring. Les publications relatives à Occupation double recueillent leur lot de likes et de commentaires. Or, quand vient le temps de commenter une opinion politique, c’est souvent le silence radio.



Pourquoi ce silence ?

À se fier à cet article datant d’avril 2012, donner son opinion sur un sujet matière à partisanerie (aussi passionnant puisse-il être), comme la politique, ce serait tout à fait contre-productif, voire nuisible. Sur un média social tel Facebook, les champions du relais d’informations partisanes seraient considérés comme des casses pieds, ou encore comme des gens bornés, dont les opinions tranchées ne sont pas matière à débat. Le prosélytisme électoral n’a pas la cote.

Qui plus est, je crois que plus son identité virtuelle est reliée à son statut professionnel, plus il est contre-productif de s’aventurer sur ce terrain glissant qu’est l’opinion.


La solution est elle de s’abstenir de tout commentaire partisan et d’exclure de son vocabulaire tout ce qui effleure une idéologie ?    

  

mardi 11 mars 2014

Souper spaghetti 2.0

Pour bon nombre d'idées novatrices, le web est un tremplin vers l'aboutissement. Il n'y a pas si longtemps, les inventeurs devaient faire preuve d'imagination et de persévérance afin de mener leurs projets vers la notoriété.

Aujourd'hui, comme dans plusieurs sphères de la vie numérique, le web a facilité les choses. L'accès au financement s'est démocratisé, à tel point que n'importe quelle idée peut se financer en quelques jours, aussi loufoque soit-elle. 

Avec l'émmergence des médias sociaux est né parallèlement le phénomène du crowd funding (ou production communautaire). Le principe est plutôt simple : Par l'entremise d'une plateforme de financement sur le web, plusieurs idées et projets sont proposés aux internautes. Ceux-ci peuvent y choisir celles pour lesquels ils désirent contribuer (généralement financièrement), en partie ou en totalité d'un montant demandé. En échange, les créateurs s'engagent à remercier leurs contributeurs, soit en leur cédant des parts financières du projets, soit en leur remettant des cadeaux à la hauteur de la contribution. 

Le principe est semblable à celui des dragons de la populaire émission télé à Radio-Canada, sauf qu'ici, la communauté est seule juge de la viabilité d'un projet.

Plusieurs plateformes de financement sont d'origines québécoise. Il y a Haricot, lancée en 2011, qui permet non seulement le financement de projets, mais également le réseautage professionnel. Cette plateforme fonctionne selon le principe du tout ou rien, qui fait en sorte que les donateurs ne sont pas débités si le demandeur n'atteint pas la somme totale demandée dans le temps imparti.

À Québec, La Ruche se veut quant à elle une plateforme à portée plus régionale, puisque ses projets doivent avoir un impact dans la Capitale nationale. Ici aussi, le principe du tout ou rien s'applique. 

Plusieurs projets qui n'auraient probablement pas vu le jours sans le web ont su bénéficier de ces plateformes. Outre les innombrables babioles de ce monde inventées par des inventeurs à l’imagination inépuisable, j'ai été interpellé par l'efficacité de ce modèle pour les athlètes amateurs. (Vous comprendrez qu'ici athlète amateur signifie qui ne bénéficie d'aucun salaire pour pratiquer un sport d'élite, ce qui est le cas de la plupart des athlètes de haut niveau.) 

L'une de ces plateforme dédiée aux financement d'athlètes, c'est Makeachamp. Dans la foulée des récents jeux olympiques de Sotchi, plusieurs champions de diverses disciplines sportives y ont récolté les fonds nécessaires à l’atteinte de la performance ultime. Mais pas seulement des champions. En fait, la beauté de tout ceci, c'est que n'importe qui peut se déclarer aspirant champion et proposer aux internautes de contribuer à leur aventure sportive. Il suffit d'avoir un réseau social relativement étendu, quelques partages sur les médias sociaux, et hop ! Et même si vous n'amassez pas le total de la somme que vous demandez, vous vous retrouvez avec quelques milliers de dollars en provenance d'ici et là, famille, amis et connaissances. On est loin des bons vieux soupers spaghetti. 

Facile, non ?